En partant de chez moi ce matin, juste avant de claquer la porte, j’ai entendu son nom à la radio : Naguib Mahfouz. Le son était lointain, je n’ai rien entendu d’autre. Je me suis rapproché, sachant ce qui suivrait. Il est suffisamment rare de parler d’un écrivain de 95 ans à la radio pour que l’on se doute de la raison de l’évocation de son nom.
Naguib Mahfouz est donc mort ce matin. J’ai eu l’impression de perdre un vieil oncle.
Pourquoi ? Pour ça (entre autre) :
Mahfouz, premier Prix Nobel de littérature de langue arabe en 1988, dérangeait parce qu’il disait ce qu’il pensait dans un pays où il vaut mieux (souvent) la mettre en veilleuse. Il avait survécu en 1994 à une tentative de meurtre perpétrée par deux imbéciles fanatisés à cause de son livre « Les Fils de la Medina » jugé blasphématoire.
C’était un grand écrivain. Quand je pense à lui me reviennent les merveilleuses impressions ressenties en le lisant, je pense au Caire, théâtre de ses romans, je pense à Youssef Chahine.








