… devenait éditeur
Le Salon du Livre a fermé ses portes en milieu de semaine. Bonne occasion de se pencher sur le monde de l’édition. Quelques chiffres tirés d’une des chroniques radiophonico-économiques de Olivier Pastré.
- Marché : 4,1 milliards € (c’est petit !)
- Poids dans l’économie : 0,02% du PIB (c'est rien !)
- Nombre de références : 447 453
Cette année, 3 titres ont été tirés à plus de 1 million d’exemplaires. Ces titres ne surprendront que les habitants d’autres planètes : Harry Potter, Anges et Démons (ou Da Vinci Code le retour) et Astérix.
Pour faire bonne mesure, 145 229 livres ont été vendus à moins de 10 exemplaires (glups !)
Il y a en France environ 1 100 éditeurs et 86% du
marché sont tenus par… 2 d’entres eux : Editis et Hachette (n° 3 mondial)
Le pessimiste, abattu par l’austérité de ces glaciales données, pourrait s’exclamer, en paraphrasant Kundera : Aujourd’hui déjà, l’édition n’est plus le que grêle filin du médiatisé au dessus de l’océan du publié. Brrrr !
Bien sûr, c’est le pessimiste qui dirait cela. Moi, je connais des gens qui ne savent pas compter ou peut-être sont-ils seulement sourds aux chiffres. Peut-être encore est-ce la témérité qui les a poussés à braver de si déprimantes statistiques, quoi qu’il en soit, ils ont créé une maison d’édition.
Leur volonté est de publier des livres, pas de racheter Time Warner Publishing (de toute façon, c’est trop tard, Hachette s’en est déjà chargé.)
Voilà que nous pourrions donc, à la manière de Rilke, hurler à rendre sourd le pessimiste : Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c’est faire.

Que cette dernière phrase est belle ! Et si j'aime vraiment celle de Clémenceau : ""Mourir ne sert à rien, il faut vaincre", j'aime davantage encore celle que tu cites.
BTW, les éditions Croiser le Faire ont vendu une centaine d'exemplaires à ce jour. Nous continuons à vendre des Filles de l'Aventurier chaque semaine. Ouf ! Nous évitons les 145 229 derniers du tableau.
Je retiens de ce salon du livre l'initiative du SNE (Syndicat National des Editeurs) de fédérer les petites maisons d'édition autour d'un même distributeur, contre les paroles gorgées de mauvaise foi de Gallimard qui reproche aux mêmes petits éditeurs de saturer le marché. Qu'il prenne les risques que nous prenons, qu'il parle de la même littérature que nous, et nous pourrons alors discuter. Pour l'instant, je ne connais aucun "petit éditeur" qui culpabiliserait devant la maison Gallimard.
Rédigé par: Bertrand | 26 mars 2006 à 23:25